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En voilà un jeu que j’ai attendu longtemps... Comme beaucoup d’autres adorateurs de Valkyrie Profile, j’ai patienté, désespéré, puis me suis réjoui à l’idée d’avoir des réponses aux interrogations suscitées par VP1. Je vous le dis dès maintenant : bien que présenté comme une préquelle, Valkyrie Profile : Silmeria est aussi bien un épisode antérieur que postérieur à VP : Lenneth. C’est étrange à lire, difficile à expliquer sans spoiler, mais le fait est là : si vous n’avez pas exploré l’opus PS1 (ou PSP) jusque dans ses moindres recoins, vous risquez fort de passer à côté de Valkyrie Profile Silmeria.
Lorsque j’ai pour la première fois regardé l’opening du jeu, je suis resté bouche bée. Une musique divine, l’apparition de Hrist, des effets de lumière bluffants... Et par dessus tout une poésie unique, une kyrielle de sentiments rejaillissant à la vue d’une prairie rappelant le Weeping Lily Meadow. La qualité de la cinématique permettait déjà de dire que le jeu serait une réussite graphique. En effet, Valkyrie Profile Silmeria fait partie des plus beaux jeux de la Playstation II. Décors enchanteurs, villes animées, les développeurs ont choisi un style radicalement différent de celui qui faisait le charme de son prédécesseur. Les arrière-plans dessinés à la main font place aux décors criants de réalisme, les artworks qui représentaient les personnages sont écartés au profit des séquences vidéo plus que convaincantes du point de vue de l’image. Du volcan au glacier, vous traverserez des donjons variés mais toujours réussis, les divers effets d’eau et de lumière ne vous donnant qu’une envie, poser un peu la manette, et contempler le paysage.
Être le successeur de Valkyrie Profile n’est pas une chose facile. Nous autres fans du premier épisode attendions beaucoup de celui-ci. Pourtant, bien que très lié avec l’épisode rebaptisé Lenneth pour sa reconversion PSP, il ne faut pas s’imaginer que les deux jeux d’inscrivent dans une continuité parfaite. Si on m’avait posé la question avant sa sortie, j’aurais imaginé de nouveaux personnages au destin tragique, des dieux cruels et une liberté totale. Que nenni. Si les deux Valkyrie Profile partagent le même univers, leurs systèmes de jeu, quelques éléments mis à part, sont radicalement différents. Cela vient du fait qu’ils n’ont absolument pas la même vocation. VP Lenneth faisait l’étude minutieuse de la personnalité d’un personnage, étoffée par de tragiques fragments d’existence. VPS conte une histoire, celle d’Alicia, jeune princesse abritant en elle l’esprit d’une des Valkyries, Silmeria. Cependant, la valkyrie en service durant les évènements se prénomme Hrist, et une règle établie par Odin stipule que deux valkyries ne doivent jamais coexister. Seulement Silmeria n’a aucune intention de retourner au Valhalla et elle est contrainte à l’exil. Pour vous protéger durant votre route, vous aurez besoin de compagnons, rôle qu’occupent traditionnellement les Einherjar, âmes de braves guerriers défunts revenues des limbes pour vous prêter main forte. Mais si on s’attendait à assister à leur mort, on risque d’être très déçu. Oubliez les scènes tragiques, les suicides héroïques et les sacrifices passionnels. Dorénavant, vous trouvez une épée, un arc ou un bâton dans un donjon, Silmeria en extrait une âme, et on repart à l’aventure. Aventure très linéaire, soit dit en passant. Bien que le jeu soit toujours divisé en chapitres, le système des périodes est passé à la trappe. Dans VP1, vous pouviez choisir de ne pas aller dans un donjon pour la bonne et simple raison que vous n’en aviez pas envie. C’est un luxe que vous n’avez plus, et vous ne progresserez pas d’un pouce si vous refusez d’aller à l’endroit indiqué ! Heureusement, une poignée de donjons optionnels parsèment l’aventure et vous permettent de briser un peu cette linéarité.
Le scénario a l’air un peu simpliste au premier abord. Une des valkyries est pourchassée par sa confrère et se voit contrainte de s’exiler, une ville, Dipan, tente de s’élever contre les dieux, tout ça n’a l’air au final que d’un prétexte pour casser de la divinité. L’héroïne (terme que je suis tenté de mettre entre guillemets) n’a pas une once de charisme, c’est le cliché absolu de la petite fille parfaite qui s’excuse quand on la bouscule et fait face courageusement à son destin cruel parce que ses amis la soutiennent. Pouah. Heureusement, elle est possédée par une valkyrie qui, au moins, a une certaine prestance. Alicia est rejointe tout d’abord par Rufus, cliché #2, le demi-elfe-archer-clown-de-service. Malgré un nombre incalculable de tentatives, ni lui, ni son ironie bon enfant ne parviendront à vous dérider. Vient ensuite Dylan, cliché #3. La brute au grand cœur qui a juré de protéger la princesse au prix de sa vie. Vous allez me dire, bon, ce sont des accidents de parcours, les einherjars doivent sûrement sauver la mise... Eh bien non. Comme je l’ai déjà dit, ces derniers ne sont introduits que par une petite musique signifiant que vous avez un nouveau membre dans votre équipe, et vous ne les reverrez plus que sur le champ de bataille, si tant est que vous décidez de les utiliser. Ce qui au final n’est pas vraiment un choix : tôt ou tard il faudra se battre aux côtés de ces inconnus, car les personnages principaux ont une fâcheuse tendance à s’absenter. Simultanément de surcroît.
Heureusement, même pour ceux-là, Valkyrie Profile Silmeria a un point fort. Plus que fort, dantesque. Le système de combat. J’irai droit au but : il s’agit du meilleur à ce jour, tous RPG confondus. Jamais les batailles n’avaient été à la fois si dynamiques et stratégiques. A l’instar de Star Ocean, vous pouvez vous mouvoir comme bon vous semble sur les lieux de l’affrontement. Cependant, le jeu s’éloigne ici de l’Action-RPG dans la mesure où les ennemis ne se déplacent que lorsque vous aussi vous déplacez. Devant chaque ennemi se trouve une zone rouge, indiquant sa portée : mettez le pied dedans et vous êtes sûr de prendre des coups. Un cercle autour de votre leader délimitera de manière semblable la zone dans laquelle vous pouvez attaquer. Une barre d’AP en bas de votre écran limitera le nombre d’actions que vous pouvez effectuer, et vous la rechargerez soit en marchant (prenant ainsi le risque d’entrer dans la zone d’un ennemi), soit en vous faisant cogner. Vous aurez en plus de cela la possibilité d’effectuer un « dash » sur le terrain, en d’autres termes un saut dans une direction donnée qui vous coûtera des AP, mais durant lequel les ennemis ne pourront eux pas se déplacer, et qui permet de passer au dessus des zones rouges sans être agressé, pour peu que vous ne vous arrêtiez pas malencontreusement dessus. Vous l’aurez compris, il n’y a pas une once de tour par tour. Le but n’est cependant pas d’éliminer tous les ennemis présents sur le champ de bataille. En réalité, régler son compte au leader adverse mettra immédiatement fin au combat. Pour pimenter un peu le tout, vous êtes plus ou moins tenu par le temps. Gagner rapidement une bataille permet de récupérer des objets supplémentaires et un bonus d’expérience. Le jeu n’encourage donc pas à éliminer le plus d’ennemis possibles, mais à bien minuter ses attaques, en allant droit au leader en prenant le moins de risques possible, car en plus des HP, les coups ennemis vous enlèvent du temps. Le chrono a néanmoins le bon goût de ne tourner que lorsque vous agissez : vous avez par conséquent toujours la possibilité de vous arrêter quelques secondes pour réfléchir sans être pénalisé. En voilà un concept qui me plaît. On se surprend à effectuer minutieusement ses déplacements, pour récupérer le maximum d’AP sans recevoir de dégâts, puis à effectuer des « dash » millimétrés pour atteindre le leader adverse sans encombres... Voilà pour la stratégie.
Il y a pourtant un point sur lequel on n’aurait jamais imaginé devoir critiquer un Valkyrie Profile, l’ambiance sonore. Certes, Motoi Sakuraba a fourni un travail plus que respectable. Un thème de combat peut-être pas inoubliable, mais jamais lassant, des musiques de donjons toujours soignées, un véritable enchantement. Oui mais.
Valkyrie Profile Silmeria est un jeu que Tri-Ace a clairement voulu orienter « grand public ». Plus classique, plus linéaire que son prédécesseur, le plaisir de jeu suscité par le gameplay font que le jeu serait à priori destiné à tous. Contrairement à ce que j’ai pu lire à droite et à gauche, ce n’est vraiment pas un jeu difficile. Tôt ou tard dans le jeu, vous serez obligé de faire une petite séance de level up et le reste de la partie sera assez direct. Et de toute manière, faire des combats n’a rien de fastidieux.
Test de SniperZwolf |















Un jeu magnifique
Quelques personnages très décevants.